lundi, 14 mai 2007

Stérile

Mes paroles auront déjà franchies le barrage de mes dents ; tandis que tes mains, commenceront, à peine, la naissance d’un mouvement. Je serai déjà loin…Tes mains en position fœtale. A nouveau. Elles chercheront à engendrer dans le mutisme de mon verbe placentaire. Plus tard, elles donneront vie. Sous les coups de contraction des reins anesthésiés par des assauts répétés. Aucun cri ne franchira mes lèvres. Une péridurale de mes gorges. Accouchement sans douleur du désir. Pour le voir grandir, avoir faim. Pour s’éduquer du regret du travail passé, d’un enfantement de lutte pour la  reconnaissance de paternité d’un orgasme. Ou du déni. Pour un divorce ultérieur et sans passion des sentiments. Je ne porterai pas de relations neuf mois durant. Mon cœur ne s’élèvera pas en matrice fortifiée aux remparts amoureux. Je ne procréerais pas de passions. Je serai inusitée, ménopausée et stérile.

Mes gorges et mes lèvres arides. Plus de naissance, de  déchirure. Mes entrailles ne se scinderont pas.

La mère asséchée de mon propre néant.

Tendre le bras

Comme autant de pics improbables,

Pointes vivantes des cimes de ciment.

Tendues,

Erectiles,

Cibles mouvantes.

 

Au milieu

Du ciel, du béton

                            de la hauteur.

 

Cibles touchantes.

Au milieu d’un toit,

Un après-midi ;

Le soleil s’émeut.