jeudi, 27 avril 2006

27/06/04-just have a look

Je veux pouvoir le regarder dormir des heures durant. Violer ton sommeil; tes heures durant. Mourrir de fatigue pour te contempler encore, envieuse du soleil qui, le matin, réfléchit ton visage et qui me dit à quel point je suis sale sans toi qui me regarde.

J'aimerais dire tout ça un jour. Mais je ne le dirais pas. Moi, je n'aime pas. Je ne regarde pas. J'embrasse les yeux clos. Je suce les yeux fermés. Je ne suis pas courageuse. Je ne veux pas me voir dans leur regard. Je ne m'attache pas. J'ai peur. Trop. Ou pas assez. Je préfère sentir mon corps emboîté au leur, leur souffle dans mon cou, leurs mains qui m'enserrent les hanches. Mais je ne veux pas voir. Je préfère tourner le dos. Je ne veux pas qu'on me regarde. Je me détourne fièrement, bassement. Je suis en délit de fuite.

Un jour peut-être, j'ouvrirai les yeux.  

mercredi, 26 avril 2006

26/04/06-régine

Une pièce. Sombre. Une chaise.J'y suis attachée.Soudain une grande lumière. Je ne sais plus ou je suis.Je ne vois plus rien.Comme le jour de ma naissance. Je renais au jour. M es yeux s'habituent petit à petit. Régine Desforges. Derrière un pupitre.Fait mon procès ."Alors comme ça, tu jettes mes livres ? hein ?! Alors comme tu tapes mes photos ? hein ?! Alors comme tu n'aimes pas ce que je fais , tu critiques, tu sabordes , tu craches, tu fulmines , tu ris , tu te moques ? J e n'admets pas ce genre de comportements déviants, méchants, vils, petits.....Je te condamne à la perpétuité..."

Le coup de marteau tombe.Ma tête enfle, mes tympans brûlent. Régine tourne autour de moi, fait tourner la lampe, tourne autour de la chaise.J e vois flou. Je ne sais plus.J'entedns Régine encore et encore. Elle hurle, elle rie. Elle lit.Elle lit des passages de ses oeuvres!J e ne peux pas fermer les yeux, je la regarde hurlante, sifflante, écumante. Les traits déformés. L,es cheveux hirsutes, la bouche fanatique. Elle lit sans s'arêter. Et elle recommence.......Encore et encore et encore et encore ....

Au réveil. Sueur. Le livre sur la table de nuit me fixe narquois. S'en est trop.Je me jette bavante et hystérique sur le livre. Je le tape côté photo sur la table de nuit . Et je cache le livre, loin de mon regard. Je n'ose pas me rendomir.Je suis aux aguets.J'ai peur .....  

26/04/06-bois!

Et tous,

Redoublant d 'ardeur,

Goûtaient la pluie

De leurs yeux jaunes.